L’évolution des marchés actions suite à la mise en place de la directive MIF entraîne de lourds investissements pour l’adaptation des dispositifs de back office. Des coûts difficiles à répercuter au client final, et qui impliquent une nécessaire rationalisation des investissements et un positionnement stratégique clair.
« Les coûts externes ont un peu baissé, mais MiFID nous a un peu empêché d’en profiter, » regrette Laurent Laroche, responsable des Opérations Back Office chez Natixis Securities. « Avec la multiplication des plates-formes de négociation, c’est, pour chaque nouvelle connexion, toute la partie post-marché (compensation, règlement/livraison, conservation de titres) qu’il faut adapter. De fait, les brokers sont devenus multi venues, multi asset et multi type de clientèle. »
Des brokers sous pression
« Avec 17 segments de marché en Europe, l’internationalisation a passé un cap, » constate Guillaume Héraud, président de Parel, une filiale de la Société Générale spécialisée dans les activités de clearing pour les intermédiaires financiers. « Mais les spécificités au niveau local demeurent, voire se sont complexifiées. Désormais, on peut traiter une action italienne via la bourse italienne, mais également via un MTF avec une infrastructure post-marché différente. On relève également une accélération des innovations avec le clearing d’opération sur les Etats-Unis, bientôt en Asie. La réglementation évolue aussi avec l’interdiction des ventes short, par exemple. » Les conditions de marchés très difficiles avec une hausse de la volatilité ont entraîné des adaptations sur les capacités de traitement en termes de volume. De nouveaux risques, notamment de contrepartie ont pris beaucoup plus d’importance. « Enfin, les grilles tarifaires de certains acteurs sont devenues très complexes. On a enregistré, pour une même chambre de compensation (CP) plusieurs baisses de prix en 2009, » note Guillaume Héraud.
Apparition de nouveaux coûts
« Nous avons dû investir pour remplir nos obligations réglementaires, induites par MiFID, pour l’ensemble des brokers dont nous opérons les back offices, sans vraiment regarder les coûts,» se souvient Olivier Rolland, directeur des systèmes d’information d’Oddo & Cie. « Puis, nous avons observé une période d’attente, la fragmentation n’ayant vraiment fait sentir ses effets qu’à partir de l’été 2009. Depuis, nous regardons où se déplace la liquidité pour orienter nos investissements sur la chaîne post-trade. » Pour tous les acteurs impliqués dans le back office, cela a amené des coûts supplémentaires, au-delà des investissements consentis. « Il y a eu une évolution des managers de back office dans leur façon d’interagir avec le front office, les équipes IT, de maîtrise d’œuvre et de maîtrise d’ouvrage. Cela engendre des coûts difficiles à chiffrer, » confirme Olivier Rolland. « La variabilité de ces coûts supplémentaires des back offices ne sont pas forcément répercutés sur les brokers, qui eux-mêmes ne répercutent pas la variabilité de leurs coûts sur leurs clients. »
Rationalisation de la chaîne post-trade
« Maintenant que le marché a gagné en maturité, il y aura une troisième vague d’investissements pour rationaliser les chaînes traitement et conserver des marges à chaque niveau, » déduit Olivier Rolland. Pour Guillaume Héraud, les brokers vont devoir définir leur stratégie et adapter leur dispositif opérationnel. « En considérant l’ensemble de la chaîne post-trade, il y a tout un ensemble de combinaisons à étudier, il ne suffit pas d’adopter un ou plusieurs silos déjà constitués. Il y a des gisements d’économies dans la gestion du collatéral, par exemple : être en mesure de gérer la base clients des intermédiaires pour mieux qualifier les risques encourus, en améliorant ainsi les appels de collatéral dans le cadre du processus de clearing. » Mais, prévient Olivier Rolland, « dans un processus d’externalisation, il est important de conserver le niveau d’information du back office vers le middle office où doit se situer la relation avec les clients. Par exemple, tout ce qui concerne les suspens, une problématique bien maîtrisée, par le back office doit être embarqué dans les systèmes d’information du front/middle office pour être en mesure de réagir sur ces alertes et prendre contact avec les contreparties. » Target 2 Securities (T2S)* sera la plate-forme du futur pour l’externalisation du règlement/livraison et toutes les fonctions labellisées commodités. Et Pierre Mahieu responsable du développement des services chez Euroclear, de conclure : « les brokers et les dépositaires vont devoir faire le business case de la connexion à T2S et digérer les investissements afférents. L’enjeu des mois à venir est de savoir comment adapter son modèle économique à une zone géographique élargie. »
*Target to Securities : en juillet 2006, le conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne a lancé l’étude de la mise en place d’une plate-forme de règlement-livraison unique au sein de la zone Euro : Target 2 Securities.
Les courtiers doivent relever de nombreux défis en matière de middle et back-office tels que le besoin de fournir des services de haute valeur ajoutée à leurs clients, la possibilité de gérer leur développement international avec une plate-forme de middle office commune à leurs différents lieux d’implantation, la nécessité de procéder aux réglements-livraisons en respectant les régulations locales dans les environnements où la liquidité est fragmentée. SunGard propose Steam RIMS, un système de traitement des transactions sur actions et obligations en temps réel pour le middle et le back office. Modulable et largement automatisé, Stream RIMS permet aux sociétés intervenant sur les marchés de capitaux internationaux d’optimiser l’automatisation de bout en bout de leur processus (Straight-through processing – STP). Pour plus d’informations, cliquez ici.
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